Roma est créé à Monte-Carlo, le 17 février 1912, et à
l’Opéra Garnier, le 24 avril de la même année, sur un livret d’Henri
Cain, d’après la Rome vaincue de Dominique Alexandre Parodi (1876), et
sur une musique de Jules Massenet, dans un déploiement de décors
grandioses.
Le drame se déroule à Rome en 216 avant notre ère. Alors qu’Hannibal
se presse aux portes de la ville, l’air est lourd d’un présage funeste :
un sacrilège a été commis, une vestale a laissé la flamme s’éteindre
sur l’autel.
L’avant-dernier acte, où prend place l’aveu et le jugement de la vestale, se déroule lors d’une séance du Sénat, dans la Curia Hostilia. Le décor réalisé par Alexandre Bailly est proche de celui de La Mort de César,
de Jean-Léon Gérôme (1867), épisode qui intervint en 44 avant notre ère
dans la Curie de Pompée (on remarque d’ailleurs la statue de Pompée
dans la niche).
En 1912, la connaissance archéologique de la Curia Hostilia
est peu avancée, détruite dans un incendie en 52 avant notre ère, puis
en partie recouverte par le nouveau forum érigé par Jules César. Le
secteur a cependant peu de temps auparavant fait l’objet de toutes les
attentions, avec la mise au jour de la stèle du lapis niger en janvier 1899 par Giacomo Boni.
Même si quelques critiques tentèrent de se confronter à la réalité du décor, Marie-Hélène Coudroy-Saghaï rapporte, dans Figures de l’Antiquité dans l’opéra français
(2008), que « l’exécution scénique et décorative est considérée comme
une des plus belles réalisations vue à l’Opéra. Pour la presse, la mise
en scène de Paul Stuart est un chef d’œuvre de maîtrise, de goût,
d’habilité technique. Quant aux décors, ils sont dignes de tous les
éloges. »
Vanessa Desclaux, département Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme, BnF
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